Inauguration de l'espace numérique de Lonlay-l'Abbaye les 7 et 8 juin 2019

Bien le bonjour aux libristes de tous poils !

Après quelques hésitations et changements de programme, l’inauguration de l’espace numérique de Lonlay-l’Abbaye (dont je suis excessivement fier d’être le principal responsable :sunglasses:) aura lieu le vendredi 7 juin à 18h à la mairie de Lonlay (qui sera inaugurée en même temps) 3, place Saint-Sauveur (en fait c’est dans le bâtiment attenant à l’abbaye).

Le porteur initial du projet, Jérémy Thirion, m’ayant passé le relais en août dernier, ce lieu a été repensé afin d’être au plus proche de la philosophie du libre : logiciels, matériels, savoirs…

Il comportera un espace de travail collaboratif et de formation, un fablab impression 3D, découpe laser et atelier d’électronique, un coin détente et un bureau privatif. Des animations destinées au grand public ainsi qu’un accompagnement aux déclarations en ligne (carte grise, carte de pêche, impôts, sécu, etc) y seront organisés régulièrement.

En outre, si je suis le principal responsable du projet, ça ne veut pas dire qu’il est impossible de s’y investir, bien au contraire. Cet espace étant destiné à être à la fois un EPN (espace public numérique) et un tiers-lieu, il est donc ouvert à d’autres structures (notamment professionnelles) afin qu’il soit utilisé au maximum dans la limite du raisonnable bien sûr et surtout dans le respect de sa vocation première à savoir : la production et la mise à disposition de ressources libres, y compris dans un cadre commercial.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à me demander sur ce fil directement ou par message privé. Pour ceux qui pourront se rendre disponible vendredi, je vous présenterai le lieu avec plaisir. Et enfin pour ceux qui ne le pourront pas, sachez que je serai également sur place la samedi 8 juin (le lendemain) à partir de 10h, toujours pour présenter le lieu (ce sera sans doute moins bondé d’ailleurs) et que les Journées Normandes du Libre s’y dérouleront très probablement aussi en partie.

J’espère donc vous y voir bientôt. Prenez soin de vous !

Léo

Bonjour,
Léo, tous mes voeux pour une belle inauguration ce soir de l’espace numérique !

Peux-tu repréciser les horaires d’ouverture pour samedi 8 juin stp? Mireille et moi souhaitons venir mais pour en avoir parlé hier soir avec les personnes présentes à l’Albatros, les infos sur les horaires étaient divergentes.
Merci d’avance.

Un super projet qui se concrétise après plusieurs années de labeur ! Pourras-tu prochainement @Leo, ajouter un point sur la carte ?

Voilà qui est fait.
Un site a également été mis en place : lonlay-numerique.fr
N’hésitez pas à passer me voir le samedi de midi à minuit !

Très chouette, ça donne envie de passer te rendre une petite visite !

Accolé à l’abbaye, c’est quand même la grande classe…

C’est d’autant plus la grande classe que les ordinateurs tournent tous sous GNU/Linux (distro KDE Neon), que le moindre appareil (Wifi, NAS, imprimante 3D…) a été choisi avec le souci de respecter autant que possible l’éthique informatique du Logiciel Libre.

Du point de vue du Logiciel Libre en Normandie, ce tiers-lieu numérique est exemplaire. Et on peut dire merci à @Leo d’avoir mené ce projet à terme, et merci à @max (alias @im_a_teapot) de l’avoir soutenu dans tout ce qui touchait à la technique (achats de matériels, choix et mise en place des logiciels…).

Ils prouvent qu’on peut y arriver ! :slight_smile:

Précision : évidemment, ce n’est pas non plus 100% libre, on pourra certainement dénicher un pilote privateur ici et là (pas pour les cartes vidéo en tout cas, tu confirmes @max @im_a_teapot ?), mais ça tourne quand même autour du 99% libre.

Le lieu est superbe, c’est aussi pour ça que j’ai choisi de m’y investir.

À propos du côté libre, on a vraiment fait ce qu’on a pu pour le maximiser et pour faire en sorte de continuer à le maximiser dans le temps. Malheureusement, il y a toujours des morceaux de code dont on ne connaît pas la teneur. Plusieurs remarques à ce sujet, que j’ai déjà faites mais que je répète : au jour d’aujourd’hui, le véritable défi est dans le matériel et les pilotes, séquences de démarrage et autres programmations en interface logiciel/machine. Il existe à l’heure actuelle des entreprises de développement informatique libre mais pas ou de manière très marginale d’entreprises comme Purism qui accorde énormément de temps à la libération du matériel en reprenant des filières de fabrication entières. La raison à cela est économique, car il est extrêmement facile en termes de moyens de monter une équipe de développeurs libristes, comparativement à la difficulté de pénétrer le marché du hardware en mettant en place des chaînes de productions. L’investissement est beaucoup plus lourd, et la rentabilité beaucoup moins facile à obtenir dans la foulée.

C’est un état de fait que nous devons garder à l’esprit : le système économique libriste se cherche encore beaucoup et demeure dans bien des cas en incapacité de rivaliser avec le système propriétaire. Cela est notamment dû à l’inertie des croyances des générations précédentes qui n’interprètent le terme de licence que d’un point de vue propriétaire, mais également dû au fait que la grande majorité des utilisateurs des logiciels libres sont des consommateurs passifs qui prennent sans donner. Le système du don spontané ne reposant pour le moment que sur des mécanismes intellectuels et minoritaires chez l’humain (je ne parle pas des autres systèmes de pseudo-dons relevant le plus souvent de l’incitation par pression sociale ou de la mendicité), il faut envisager d’autres approches, parmi celles-ci :

  • créer des licences convertibles selon des modalités prédéfinies et inaltérables. Par exemple : licence propriétaire pendant 10 ans puis automatiquement libre, avec une option de libération à tout moment par achat dont le tarif décroîtrait au fil des dix années, achat pouvant à l’occasion être effectué par des fonds publics ;
  • une généralisation du mécénat d’entreprise : les développeurs sont prêts à bosser à partir des cahiers des charges fournis mais les contrats stipulent une publication sous licence libre (perso, je recommande la GPL, notamment parce que ça simplifie considérablement le travail, plutôt que de finir avec des logiciels à 15 licences différentes) ;
  • une redistribution des richesses produites grâce aux logiciels libres : sur le principe du don cette fois-ci, en incorporant spontanément aux tarifs des entreprises une quote-part pour les créateurs/mainteneurs de logiciels et matériels libres : dans un abonnement de FAI, dans une prestation, une installation, une mise à jour, etc.

Que la monnaie soit libre ou pas ne change rien au problème : il s’agit du principe de transaction. Si nous nous obstinons à vouloir du tout gratuit, sans comprendre qu’il y a toujours une contrepartie quelque part, nous favorisons le modèle des GAFAM, qui préfèrent masquer au maximum la nature réelle de l’échange. On pourrait croire que la mise en place d’un revenu universel pourrait changer la donne mais cela ne ferait que décaler le 0 vers le haut. En d’autres termes : si dans un modèle de revenu universel, ceux qui engrangent plus que le revenu universel restent les mêmes et dans les mêmes proportions, les enjeux de pouvoir et ce qu’ils engendrent restent les mêmes.

Nous devons vraiment penser à développer et accompagner le développement de solutions facilitant la transition vers une économie du libre réaliste et solide.