Comment faire pour promouvoir les logiciels libres

Un petit rappel pour donner des pistes à tout un chacun sur la manière de promouvoir les logiciels libres, quel que soit son niveau de maîtrise de l’informatique et quel que soit le temps dont il dispose.

Tout d’abord : s’informer

  • prendre le temps si ce n’est déjà fait de bien comprendre ce que sont les logiciels libres et la culture libriste en général ;
  • s’informer sur les projets libristes qui valent le coup : beaucoup de projets libristes sont abandonnés, très peu suivis, en doublon, pas vraiment libristes, très peu compatibles, etc. Il est important de faire le tri et de favoriser à la fois les projets prometteurs qui viennent de démarrer et les vieux routards du libre qui n’ont plus rien à prouver mais qui sont toujours en quête d’amélioration ;
  • se renseigner sur les structures autour de nous qui ont à cœur de promouvoir la culture du libre (à part pour les ermites c’est souvent agréable d’entrer en contact avec des gens qui partagent les mêmes valeurs) : associations, entreprises, structures publiques (oui y’en a !^^).
    Pour la Normandie : voir cette carte.

Ensuite : participer

  • à une association en tant que bénévole ;
  • en privilégiant les entreprises libristes ;
  • en rapportant des bugs ou des suggestions d’amélioration : j’insiste, c’est très important pour les développeurs d’avoir des retours de ce genre, ça prend 5-10 minutes mais ça aide vraiment à toujours perfectionner les outils ;
  • en fonction de ses compétences : produire du code (soit pour un projet qui part de 0, soit pour proposer une amélioration ou un débeugage), du graphisme (l’informatique c’est mieux quand c’est joli :slightly_smiling_face:), du son (musique, sound design), rédiger, corriger, traduire les documentations et intégrations des logiciels (certains outils rendent ce travail très facile de nos jours) ;
  • en consommant libre : par la monnaie libre si possible, un maximum de produits libres, ou au moins open source quand c’est possible (bien se renseigner avant sur leur qualité aussi, bien entendu, soutenir un mauvais projet juste parce qu’il est libre n’aide pas nécessairement le libre) ;
  • donner de l’argent : quand on n’a pas le temps ou l’envie de faire autrement, donner un peu de sous (même 2€ par an ! Ou alors des Ğ1 !) aux structures qui se sont montées exprès pour recevoir des dons pour soutenir les projets, ou bien directement aux développeurs quand c’est possible ;
  • pour les créateurs : publier sous licence libre quand vous le pouvez ! C’est aussi une manière de changer de paradigme culturel et artistique, d’amener en douceur la transition vers une fin des monopoles culturels (pour ceux qui se sentent concernés par le sujet), de proposer un nouvel écosystème toujours marchand mais offrant davantage de place à la créativité (un petit article pour illustrer le propos).

Et maintenant, du concret, une sélection arbitraire de projets qui pour moi font sens (à compléter à votre guise en commentaires) et dont certains ont un vrai besoin de soutien :

  • la monnaie libre Ğ1 (évidemment !) ;
  • la suite bureautique LibreOffice ;
  • les systèmes d’exploitation Debian & OpenSUSE ;
  • les environnements de bureau Gnome et KDE ;
  • le navigateur web Firefox et Falkon (moins joli, moins puissant, mais plus libre et plus léger) ;
  • les logiciels graphiques : Kolourpaint (KDE), Inkscape, Gimp, Scribus, FreeCAD et Blender ;
  • les logiciels de contrôle de machines : LaserWeb et Cura (impression 3D) ;
  • le logiciel de photogrammétrie Meshroom ;
  • le logiciel de partage de vidéos Peertube ;
  • les réseaux sociaux Mastodon & diaspora* ;
  • la fabrique à nuages NextCloud et ses multiples extensions ;
  • les moteur de sites WordPress et Grav (n’hésitez pas à participer aux traductions !) ;
  • le logiciel de cartographie OpenStreetMap ;
  • le projet d’autohébergment Yunohost ;
  • les fournisseurs d’accès à Internet associatifs comme la FDN ou Grifon ;
  • le super projet de matériel libre de Purism (la première version de leur smartphone libre vient de sortir : le Librem 5 !) ;
  • le projet de matériel vidéo cinéma apertus° ;
  • l’Atelier paysan et ses machines autoconstruites sous licences libres ;
  • le gigantesque projet Open Source Ecology ;
  • le logiciel de gestion d’entreprise Dolibarr (très communautaire et à l’écoute des besoins, il y a également possibilité de lancer des financements participatifs pour développer des améliorations spécifiques ou intégrer des modules payants au cœur logiciel gratuit du projet) ;
  • le logiciel de comptabilité Noalyss (à ma connaissance le seul projet vraiment d’esprit libriste qui se tienne à jour des fiscalités françaises et belges ; et on peut l’utiliser hors ligne : chapeau !) ;
  • les jeux pour ordinateurs 0.A.D, Yo Frankie! ou SuperTux !
  • les jeux pour smartphone (ou ordiphone au Québec :slightly_smiling_face:) Puzzles (suite de jeux de réflexion) et DroidFish (comme son nom l’indique… c’est un jeu d’échecs !) à télécharger sur F-Droid !
  • plein d’autres que j’oublie ou que je ne connais pas.

Évidemment ça fait beaucoup de projets !

À mon sens, si nous devions n’en garder que trois, particulièrement déterminants vis-à-vis des libertés fondamentales de l’être humain, ce serait ces trois-là :

  • la monnaie libre Ğ1,
  • les produits Purism (matériels et logiciels libres),
  • les fournisseurs d’accès à internet associatifs.

Car sans ces trois projets, presque tous les autres peuvent tôt ou tard ne plus être libres, soit par pression bancaire, soit par contraintes dans la fourniture d’accès à internet, soit parce que le matériel que nous utilisons pour communiquer et créer impliquerait de fait que cette communication et cette créativité ne puissent profiter de confidentialité et de contrôle, et donc de droit à l’intimité, de liberté d’expression, de conscience et finalement de choix.

N’hésitez pas à donner votre avis et compléter la liste !

1 J'aime

bravo

très clair

Par exemple, si vous souhaitez acheter en ligne un ordinateur pas cher (reconditionné) dans ce qui se fait de mieux en matière de libre (pour les connaisseurs Libreboot + Trisquel), vous pouvez visiter cette boutique : https://store.vikings.net/

Aussi, si vous vous intéressez au matériel libre et à son impact sur l’environnement. N’hésitez pas à suivre le projet EOMA68 : https://elinux.org/Embedded_Open_Modular_Architecture/EOMA68
(Pour personnes averties en technique.)
Ce projet a déjà reçu du soutien financier de la communauté par plusieurs financements participatifs.